Ce qu’il faut retenir, pour l’agriculture, du Plan Climat publié par Nicolas Hulot.

Les points du Plan Climat qui concernent l’agriculture :

 

Les états généraux de l’alimentation aborderont les points suivants :

  • Les pratiques de consommation alimentaire et leurs impacts sur les émissions de gaz à effet de serre ;
  • la réduction des quantités d’engrais azotés ;
  • la mobilisation des nouvelles technologies, notamment électriques pour les engins et le matériel agricole ;
  • un plan d’action pour la protection des sols, la lutte contre leur artificialisation et la souveraineté alimentaire ;
  • les mesures pour renforcer la séquestration du carbone dans les sols.

Au-delà, des états généraux, le Plan Climat expose plusieurs objectifs qui concernent directement le secteur agricole :

  • mettre fin à l’importation en France de produits contribuant à la déforestation (soja, huile de palme) ;
  • s’adapter au changement climatique (un plan national d’adaptation au changement climatique sera publié avant la fin de l’année) ;
  • simplifier encore le cadre du développement des énergies renouvelables, notamment pour la méthanisation (des expérimentations seront réalisées afin de permettre de réduire le temps moyen de développement de ces projets) ;
  • accélérer le déploiement de méthaniseurs sur le territoire : BPI France mettra en place un prêt sans sureté de longue durée dédie a leur développement ;
  • développer les circuits courts ;
  • lutter contre l’artificialisation des sols ;
  • développer les produits biosources durables, notamment au travers de la commande publique ;
  • renforcer la prise en compte des enjeux environnementaux dans les nouveaux accords commerciaux .

Enfin, le Gouvernement étudiera l’augmentation, dans le cadre du plan d’investissement, des moyens du fonds chaleur qui soutient le développement des chaufferies et des réseaux de chaleur à partir de source renouvelable (biomasse par exemple).

Du point de vue de la méthode, une partie des actions passeront « par un renforcement du lien avec les collectivités territoriales et les filières industrielles, dans une logique de contractualisation ».

 

L’avis du Céréopa :

 

Le Céréopa salue la publication de ce Plan Climat qui participe à fixer un cap pour l’agriculture française, ce dont elle a effectivement besoin. Parmi les objectifs exposés, nous retenons des choses très positives telles que la simplification du cadre de développement de la méthanisation, la lutte contre l’artificialisation des sols ou encore le développement des produits bio-sourcés durables. En revanche, nous souhaitons retenir l’attention des pouvoirs publics sur certaines mesures qui pourraient, si elles étaient mises en œuvre de façon inadaptée, affecter la compétitivité de l’agriculture française. Par exemple, la suppression du soja (importé majoritairement du Brésil) des aliments pour poulet entraînera nécessairement un surcoût de production significatif car nous ne possédons pas de solution alternative aussi compétitive à l’heure actuelle. Si nos concurrents ne se mettent pas les mêmes contraintes, le soja issu de la déforestation reviendra dans nos assiettes par la voie des viandes de volaille importées. Ainsi, loin d’avoir contribué à régler la question climatique, nous n’aurons fait que couper les ailes d’une filière volailles françaises qui connait actuellement un rebond d’activité. En définitive, ce Plan Climat fixe des objectifs enthousiasmants. Il convient maintenant de prendre le temps nécessaire à la définition des voies d’action adéquates qui permettront de maintenir cet enthousiasme sur la longue durée, celle de la transition environnementale.

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